Fruits, légumes et blogs
[Parce qu'on ne change pas une équipe qui gagne, ce post sera propulsé au Buzet-Marquis de Prada 2003 à 4,99€ chez ton Monop© (where else ? Me demandait George l'autre jour). Une valeur sure que je ne saurais trop vous recommander pour agrémenter vos soirées bloguage. Ou vos viandes rouges.]
Allez, on enchaîne.
Le problème de la magie, c’est que ça repose avant tout sur la croyance.
Et il y a des lundis soir de janvier où j’ai beau essayer mes vieux trucs spinozistes, où j’ai beau rentrer à pied en regardant le ciel mauve de ce Paris by Night que les provinciaux nous envient, les cons (j’adore faire mon vieux parigot-tête de veau alors que ça fait même pas 2 ans que j’y vis, c’est la classe, je trouve), où j’ai beau avoir sélectionné dans ma playlist les meilleurs morceaux du moment, où j’ai beau tenter de sourire aux inconnu(e)s dans la rue, je ne la trouve pas.
La magie. La poésie de l’instant, la minute satori, ce que tu voudras.
Il y a des lundis soir de janvier qui sont juste des lundis soir de janvier. Même si je rêverais qu’ils deviennent autre chose. Même si, pour retarder l’inévitable, je fais un maximum traîner la cérémonie du rentrage maison. Genre en faisant mes courses.
Il y a des lundis soirs de janvier où j’y mets du mien, pourtant : 60 euros de légumes et autres conneries acessoires métrosexuels chez Monop’ [dont 7,99 de lames de rasoir Wilkinson, certainement fabriquées à la main en acier de Tolède bio par des maîtres armuriers clonés à partir des restes de leurs cellules épitéliales trouvés sur des manches de rapières du XVIIe siècle, vu le prix, mais c'est ça aussi, la trentaine approchante].
Là, j’ai un frigo bourré ras la gueule de carottes, courgettes, salades, pamplemousses et autres pommes vertes, une vraie symphonie pastorale. Et pour accompagner ma prose, je carbure [outre le Buzet, qu'il est bon] à la tomate cerise. Parce que c’est pas régime, mais pas loin non plus.
Pour faire simple, j’ai environ cinq trois (comme quoi, ça marche) kilos à perdre pour retrouver la ligne svelte d’avant le couple. Kilos qui se trouvent situés pile poil au niveau de mes hanches, sous la forme de deux petites protubérances très pratiques pour le transport, mais qui jurent un peu au milieu des lignes raphaélites de ma silhouette. [oui, bon, ça va, je me soutiens moralement comme je peux]. D’où : légumes. Pas encore cinq par jour, mais on s’approche.
Mais il y a des lundis soir de janvier où même mes bonnes résolutions calvino-métrosexuelles ne suffisent pas à enflammer une âme qui ne demande pourtant que ça, la pauvrette. Des lundis soir où je finis par rentrer chez moi, pour me retrouver un soir de plus tout con, à me demander quoi faire.
Il y a des lundis soir de janvier où je me dis que, décidement, il est temps d’agir. De bouger. De poser un acte.
Il y a des lundis soir de janvier où je n’arrive pas à me résoudre à ouvrir cette saloperie de Meetic© , parce que c’est définitivement pas mon truc d’être séduit par trois chiffres et deux critères de sélection.
Il y a des lundis soir de janvier comme ça.
Et puis il y a ici. Ces gens qui viennent me lire. Et qui laissent des commentaires gentils. Et qui, pour ne rien gâcher, écrivent des choses très très bien sur leurs blogs à eux (à elle).
Merci, Camille. Tu as sauvé ma soirée.
B.O., quand même.








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