Jump to Content

Please note: This site’s design is only visible in a graphical browser that supports web standards, but its content is accessible to any browser or internet device. To see this site as it was designed please upgrade to a web standards compliant browser.

[Chiens écrasés]

TheSamProject,saison 5 /

Geekitude, sentiments et journalisme en mileu urbain

Commenter »

Philo à deux balles (ou pas)

spinozaFatigué, mais pas vraiment.

Langoureux, un peu. Amusé, pas mal.

Je redécouvre un truc que j’avais oublié : m’amuser. De tout, surtout de rien. De rien du tout. Chercher l’insolite. Chercher la richesse. Chercher le détail qui fait que tout cela est finalement relativement merveilleux. Cette vie. Cette ville. Cette planète.

Vivre, c’est jouer. Médite là-dessus c’est ma découverte du vendredi soir au ciel vieux rose anglais. Si on ne joue pas, si on trouve que tout cela est trop sérieux pour s’amuser, alors on perd. Par forfait. Et à tous les coups.

En allant acheter une bouteille de Fischer pour fêter ma trouvaille, je suis tombé amoureux deux fois. Parce que j’ai cherché la magie, j’ai cherché le regard, l’étincelle. La vie.

Je ne te ressors pas le vieux Nietzsche du placard, plutôt Rainer Maria Rilke, qu’un ami me fit lire dans une autre vie avant elle qui ressemblait pas mal à celle-ci : “Il est bon d’être seul parce que la solitude est difficile. Qu’une chose soit difficile doit nous être une raison de plus de nous y tenir”. ( Lettres à un jeune poète, 1903-1908)

Etre seul. Jusqu’ici, pour moi, c’était être vide. A moitié, au moins. Et porter tout ce vide qui pesait si lourd, chaque jour, chaque nuit, chaque instant. Etre seul, c’était survivre en attendant que ça cesse. Puis survivre en comprenant que ça ne cesserait pas. Qu’elle ne reviendrait pas. Que rien de tout ce qui était nous ne reviendrait jamais.

C’est en train de changer, doucement. Tout doucement.

La nature a horreur du vide, disait ce vieux Baruch, pour continuer dans la citation. Et l’âme de même. La mienne s’est remplie, goutte par goutte, soir après soir. Jusqu’à ce que je la découvre pleine à nouveau, d’autre chose. D’une énergie qui ne vient que de moi, plus d’elle. D’une volonté qui est la mienne, rien que la mienne.

La solitude est difficile. Mais elle est salvatrice. Parce que tu n’as plus que toi pour te sauver de toi-même. Parce que tu n’as plus que toi pour être fier de toi-même. Parce que tu es obligé de t’aimer, même juste un peu.

Parce que lorsque en as marre d’avoir mal, d’avoir peur, d’avoir froid, lorsque tu finis par accepter et par rouvrir tes yeux, par rouvrir tout le reste, tu t’aperçois que tu es encore en vie.

Et que tu aimes ça, la vie.

En six mois de solitude, j’ai plus avancé qu’en trois ans avec elle. Parce que je n’avais pas le choix. Et ces changements sont plus profonds, plus vrais, que ceux que m’imposait une vie de couple. Parce que je ne les fais plus pour elle, mais pour moi.

J’ai déjà connu pire que cette rupture, tu sais. Bien pire. Et j’ai survécu. Et j’en suis sorti doué d’un don très bête : celui de savoir apprécier. Un bon vin, des potes, une chanson, un bon plat, une jolie fille… J’ai un don : je sais trouver le beau, le bon, le bien. Partout, et chez tout le monde.

J’ai une croyance, une seule : je crois en ce vieux Baruch. Je crois sincérement à ces conneries totalement hermétiques sur la construction d’une éthique du bonheur. Je crois en Emmanuel, aussi. A ses délires sur une morale universelle.

Des fois, souvent, je vais mal parce que je le veux bien, parce que je le cherche.

D’autres fois, plus rares, je vais bien sans le chercher. Juste parce que je vois le beau de ce monde. Et dans ces moments là, je suis l’homme le plus puissant de la planète.

Tu as vu American Beauty ? Tu as vu cette scène ?

Il y a neuf ans, elle m’a sorti du trou.

Aujourd’hui, je n’en ai plus besoin. J’ai compris.

Partager: Ces icônes sont des liens vers des sites de partage de signet sociaux où les lecteurs peuvent partager et découvrir de nouveaux liens.
  • Digg
  • del.icio.us
  • Facebook
  • Google
  • Reddit
  • Technorati
  • TwitThis
  • Wikio
Episode 120 |Par Sam | le 18 jan 2008 @ 20:39 | dans Pensées parasites
• 0 comments