J’ai testé pour vous : le sourire
[Attention, si tu venais avant pour te dire que finalement, il y avait plus déprimé que toi, dans la vie, tu risques d'être déçu par celle-là]
Ce soir, tu sais quoi ? Ben ça va plutôt bien pour ton serviteur (oui, je sais, quand on a lu le reste, ça choque).
Et tu sais le pire ? (et là, tu me réponds que tu t’en fous, et des fois je me dis que je ferais mieux de bloguer avec mon vrai nom pour jouer de ma notoriété - tu parles - et arrêter de raconter des conneries dans le vide) Le pire, c’est que je me sens bien sans raison.
C’est encourageant, tu me dirais, si tu en avais quelque chose à foutre, ce qui n’est pas le cas (si ? Arrête, je vais rougir).
Bah ouais, je te répondrais.
Pourtant, laisse-moi te dire que ça n’a pas été simple, du moins au début. Déjà, j’ai attaqué la semaine par une méga-panne de réveil, genre 2 plombes de retard (en même temps, quand tu commence à sept heures du matin, laisse-moi te dire que ça va très vite). Pas grave, j’ai des chefs gentils (et puis on ne compte pas les heures sup, dans ce métier cette mission sacrée au service de la Démocratie. On ne les paye pas non plus, d’ailleurs. Donc ta hiérarchie est plutôt souple sur les retards, ça compense un peu).
Après… ben rien de spécial. Une journée normale, quoi. Presque. Comme je me sentais coupable, et que je suis l’employé du mois, comme je te l’ai déjà expliqué, je suis resté deux heures de plus à bosser, mais bon, c’est pas franchement comme si ça n’arrivait jamais.
Je suis rentré à pied. Avec mon super Palm qui fait balladeur Mp3 vissé aux oreilles. J’écoutais des trucs un peu comme ça :
Tom Waits- Tom Traubert’s Blues (désolé Radioblog est pété)
Et il faisait presque nuit, et doux, et c’était bien. Et les filles étaient jolies (ce qui, même à Paris, n’est pas toujours le cas, je sais pas si tu as fait gaffe ? A croire que ça dépend de ton humeur…).
Et du coup, je me suis un peu laissé aller à sourire bêtement en coin, à la fin du parcours, après l’arrêt - commissions (cette semaine, j’ai fait dans le Lidl. Si j’ai la foi, je te raconterai peut-être, histoire de faire un comparatif avec Monop’).
Sourire dans la rue, à Paris, c’est un truc de fou. Je le faisais souvent, lorsque j’y déprimais déjà, jeune, fin 2001-début 20002. Et ben, crois-le, crois-le pas (celle-là, je rêvais de la placer depuis des lustres), mais ça fonctionne. Le parisien tout venant, genre piéton, fait un truc qu’il ne fait jamais d’habitude : il réagit. Sort de sa bulle de vie privée. Est interpellé. Te prends pour un dingue, aussi, certainement, mais bon…
Sache qu’en un seul trajet, j’ai récolté plus de sourires qu’en trois jours sur Meetic, les règles du jeu ont changé (j’écris juste ça histoire de replacer encore une fois “Meetic”, ça booste mes stats anémique).
Bon, c’était une vieille, une maman black avec ses gamins, une punkette et une gamine tout juste majeure.
Mais tout de même, ça fait plaisir.








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