Dimanche (suite)
Tiens, et si je te déprimais,toi aussi. Ca te tente?
<Mode “le romantisme transi à deux balles, tu ne savais pas encore vraiment à quoi ça ressemblait, avant ça”>
Mélancolie. Souvenirs qui flottent en surimpression sur la brume grise de ton quotidien de bientôt trentenaire actif. Et toi qui te laisse bercer par cette mélopée amère, qui patauge dans le glauque d’un passé qui reste et qui ne passe pas, décidément pas. Petit hamster qui court dans la petite cage de ses petites manies, de ses petites déviances, qui court en rond et qui le sait, et qui accélère de plus belle, essoufflé déjà.
Ils étaient beaux, tes rêves, tu te rappelles ? Tu avais 14 ans, et tu n’avais que ça pour te maintenir en vie. Tes scénarios d’avenir d’un romantisme débile. Tes ambitions démesurées et tes convictions d’être différent, de n’être pas fait pour ta vie. Toutes ces années passées à attendre qu’on te prenne par la main pour t’emmener dans ce monde merveilleux que tu refaisais chaque soir dans ta tête, en fumant à la fenêtre, des clopes interdites.
Ils étaient beaux, tes rêves. Qu’est-ce que tu en as fait ? Tu l’as, cette vie rêvée. Tu les as réalisées, tes ambitions.
Presque.
Presque toutes. Sauf une. Sauf la plus importante. Celle qui conditionne tout le reste. Sauf Elle.
Elle, tu l’as raté. Elle, elle est partie. En arrachant une partie de toi au passage, en te laissant avec les restes, avec les questions. Avec La Question, ce pourquoi qui te hante, qui ne te quitte pas, lui, comme un sale goût dans la bouche.
Elle est partie, et toi, tu restes là comme un con. Toi, tu ne sais plus quoi faire avec ta vie. Alors tu continues, un peu machinalement. Que faire d’autre, sinon attendre que ça passe, attendre qu’une autre te prenne par la main et te prouve une nouvelle fois que tu as le droit d’être heureux, toi aussi.
Tu étais tellement beau, vu par ses yeux, tu te souviens ? Tu étais tellement mieux, à ramer pour elle. A chercher sa fierté comme le putain de gosse que tu restes malgré les années qui passent. Tu étais tellement bien, à jouer au grand, à jouer au couple. A jouer à un autre.
Et pourtant, tu savais. Tu savais dès le début, que tu allais au crash. Comme à chaque fois. Tu savais que tu n’étais qu’un imposteur, tellement dépourvu de personnalité qu’il s’en invente une, savamment travaillée pour plaire à cet autre qu’il admire tellement, dont il dépend tellement, qu’il n’a pas le choix.
Comme tu sais aujourd’hui qu’à moins de te décider à apprendre qui tu es, à moins de grandir, à moins d’accepter d’être adulte, la suivante finira par partir aussi.
Le problème, c’est que tu n’as pas la plus petite idée de comment t’y prendre.
</mode romantique transi>
<retour au bon vieux cynisme qui sauve>
Alors ? C’était bon ?
Moi, perso, ça m’a défoulé. Le pire, c’est que je pourrais t’en faire des 10.000 signes sans même ôter mes doigts du clavier une seule fois.
Bon, sur ce, une petite BO et je laisse.








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