Jump to Content

Please note: This site’s design is only visible in a graphical browser that supports web standards, but its content is accessible to any browser or internet device. To see this site as it was designed please upgrade to a web standards compliant browser.

[Chiens écrasés]

TheSamProject,saison 5 /

Geekitude, sentiments et journalisme en mileu urbain

Life strikes back

[Un post qui sera,  si Dieu et d'autres facteurs du même genre le veulent bien, l'épitaphe de cette rubrique]

Quand tu as dormi trois heures par intermittence et que tu n’est même pas fatigué,

Quand dehors il fait 0°C et un vent glacial, mais que tu n’as même pas froid,

Quand dans la rue, tu regarde le ciel en faisant des clins d’oeil à ton ange gardien,

Quand, avec de la musique dans tes oreilles, tu as vraiment l’impression d’être dans un clip,

Quand tu arbores depuis le début de la matinée un sourire passablement niais, qui fait marrer tes collègues qui ne comprennent pas pourquoi,

Quand tu as une boule de chaleur dans la poitrine, plus d’apétit et l’envie de sauter partout,

Quand tu t’apprêtes à résilier ton abonnement à Meetic sans jamais avoir envoyé un seul mail à une Meetic-girl,

Quand tu as passé six heures d’affilée la nuit précédente à discuter sur MSN avec quelqu’un que tu n’as jamais vu en vrai, et que ça t’a permis de dire des choses que tu n’aurais jamais osé dire en étant face à elle,

Quand tu as l’impression de la connaître mieux que beaucoup de gens que tu croises tous les jours,

Quand tu as l’impression de vivre un truc que tu avais écrit il y a trois mois de ça, avant que tu comprenne que romancier, c’est un métier,

Quand c’est ton blog qui t’a permis tout ça,

Quand ça fait marrer certains de tes lecteurs,

Quand tu ne sais pas où tu vas, mais que tu y vas, et que c’est déjà énorme,

Alors mon fils,

c’est que la vie a décidé de revenir te faire coucou.

Episode 103 |Par Sam | le 31 jan 2008 @ 18:30 | dans Journal d'une rupture
commentaires »

Gris plombé

ciel_gris[Sérial posteur, un peu.  Mais c'est repos, aujourd'hui.]

Mon deux pièces sent bon. La vaisselle est faite, les plaques sont propres, y a plus l’ombre d’une miette par terre. Les bouquins qui traînaient partout sont alignés sur les étagères.

Les cadavres de bouteille sont partis à la poubelle. Celle à verre, avec le trou dans le couvercle, qui te fais honte à chaque fois que tu y balance une cannette, provoquant une déflagration dans toute la cour intérieure.

La salle de bains brille, y a plus un poil pour venir contraster le blanc éclatant de la baignoire. Les fringues, lavées, sont gentiment empilées sur le séchoir. Mon frigo est plein de légumes.

J’ai envoyé la thune que je devais à mon ex. Coupant l’un des derniers liens entre nous, au prix d’un gros trous dans mon compte en banque. Qui devrait normalement en boucher un autre dans ma poitrine. J’ai même prévenu la CAF qu’elle n’habitait plus ici, et qu’ils pouvaient arrêter de me filer des sous pour les donner à d’autres, qui en ont plus besoin que moi.

J’ai commandé le cadeau d’anniversaire de ma soeurette, un Holga 120 GFN.

En attendant que ma deuxième lessive sèche, j’ai été me balader. Alors que j’exècre ce temps gris plombé dans cette ville gris plombée, surtout en janvier, surtout avec ce froid humide et même pas franc, surtout avec cette brume qui ternit la vue du parc de Belleville, en principe la plus belle de Paris.

[...]

Ca y est, me voilà devenu un genre de prototype de célibataire idéal. Me manque plus qu’un pul à col roulé et un labrador pour l’emmener courir aux Buttes-Chaumont.

D’ailleurs, devine ce que je bois, là ? Non, pas  un café. Ni une vodka. Ni de la bière. Ni un verre de bordeaux.

Du thé. [oui, je sais, moi aussi ça me défrise].Du earl grey, même.

[Avant que tu demandes, non, je ne suis pas en train d'écouter Vincent Delerm. Ca va bien, maintenant]

En gravant des DVD pour la copine chez qui je vais dîner ce soir, qui a besoin d’occuper ses nuits.

Car oui, je dîne. En société. Entre amis.

Et ça va être sympa, en plus. A tous les coups.

Des fois, je me sens vieux.

Episode 104 |Par Sam | le 29 jan 2008 @ 19:13 | dans Messages à caractère informatif
commentaires »

La nature, c’est beau

Et ton héros part pour une session ménage et paperasses qui devrait le mener jusqu’à la fin de l’après-midi. Alors pour te faire patienter, et pour mettre un peu plus en avant mon côté punk, parce que le côté midinette transie tu as déjà bien saisi l’idée, voici une petite vidéo.

Je te préviens, c”est très, très bête.

Episode 105 |Par Sam | le 29 jan 2008 @ 14:38 | dans Geek Story
commentaires »

Kundera versus Predator (J’ai testé pour vous : Pointscommuns)

pointscommuns[Alors, tu vois coco, comme visuel pour le site, il nous faut un truc un peu intello, donc pas des pétasses et des gosbos. Mets-nous donc une petite brunette genre étudiante qui mate un barbu un peu rouquin, c'est classe. Et pour le lieu, ben on va pas coller une ambiance plage, c'est pas le public. Non, il nous faut du quotidien, un peu tristoune et un peu magique, genre Jarmush. Une laverie ? Ouais, ça c'est bon, coco]

Chose promise, chose due. Voici donc la suite des aventures de Sam au pays joli de la rencontre virtuelle. Ce soir, nous évoquerons le site pointscommuns.com, qui propose un concept révolutionnaire : la rencontre par affinités culturelles.

1. Chassons l’intello

Imagine : deux types qui discutent autour d’un verre, un soir. “J’ai une idée pour se faire des couilles en or, dit le premier : il faut faire un truc qui soit à la fois meetic et amazon”. “T’as trop raison, mon con, lui répond le second Meetic, c’est bien, mais ça touche pas tous les profils. Les intellos n’y vont pas. Donc faut les attirer avec de la culture. Et puis si en plus on peut leur vendre des bouquins, bah on va s’en foutre encore plus jusqu’aux naseaux”.

Pointscommuns était né.

A la base, on dirait Meetic (dont c’est d’ailleurs une filiale, me souffle-t-on dans l’oreillette en fait pas du tout, d’après un spécialiste. Merci Julien) : une fiche, avec des photos, une annonce, des cases à cocher… Mais là où ça devient original, c’est qu’au lieu de rentrer tes goûts, tu fais comme si tu étais à la Fnac avec un budget illimité : tu prends ton petit panier, et tu choisis ce que tu aimes, dans quatre catégories : musique, films, livres et médias.

Le choix est assez colossal. Tu m’étonnes : je pense qu’ils se sont tout simplement macqués avec alapage.com. Donc tu peux allégrement indiquer tes groupes les plus underground, tes films les plus sous-culture…. Mais, on va le voir, c’est une erreur.

Tous ces choix (outre permettre aux gentils gestionnaires de pointscommuns de se constituer une alléchante base marketing bien détaillée) vont servir à alimenter le “Matching”. Un “puissant moteur”, selon la description du bidule, qui va en gros regarder chez les autres ce qu’ils aiment. Et te sélectionner les profils les plus proches de tes goûts.

2. Ca alors, toi aussi, tu aimes Radiohead ?

Car chez pointscommuns, c’est l’amour intello. Sartre et Beauvoir, au moins. Si tu aimes Kundera et elle aussi, il paraît évident que vous êtes faits pour vous marier et faire des enfants ensemble. En leur donnant des prénoms issus de “L’insoutenable légèreté de l’être”, si possible.

Tu l’auras compris, tu es rapidement confronté à un choix :

1/ Tu te la joues underground lettré : tu lis Cioran et Murakami, tu regardes La chasse du compte Zaroff et Twin Peaks (la série, bien entendu, pas le film), tu écoutes Of Montreal et Camille Verluca, bref tu es classe, tu es in.

[Si en plus tu lis Technikart, que tu porte des Van's au pied, un t-shirt avec un logo détourné, des lunettes rectangulaires cerclées de plastique noir et des vestes 70's, bravo, tu es un clone.]

Du moins le crois-tu. Car afficher ainsi ton snobisme culturel est une mauvaise solution, jeune padawan. Pourquoi ? Ben parce que personne d’autre ne connaît tout ça. Ou du moins très peu de monde. Donc, en croyant naïvement impressionner l’étudiante en section littéraire comme sur la photo avec ta grosse culture, tu réduis d’autant ton territoire de chasse.

2/ Donc, tu arrêtes de te la raconter (ou tu fais semblant), et tu pars plus sur du Amélie Nothomb/Bernard Werber, Lost in Translation/Casablanca et Radiohead/Bénabar. Là, tu scores.

3.  Tu le sens, mon gros Sartre ?

Grâce à pointscommuns, je peux crier au monde entier que moi aussi,
j’aime bien The Velvet Underground, comme 951 autres congénères, dont
je peux voir la photo, et avec qui je vais pouvoir discuter
passionnément des heures entières de la Factory, de Niko et de l’influence d’Andy Warhol sur la fin de la contre-culture des 70’s. Par exemple.

Mais d’un point de vue optimisation de la drague, je ferais mieux d’aimer Amélie Poulain.

Car, grâce à pointscommuns, je sais qu’American Beauty (sélectionné 6.342 fois par les membres) est un film beaucoup plus populaire qu’American Splendor (27 sélections), par exemple. Et que Radiohead (4.450 sélections) est définitivement le groupe de ma génération, même si il est plus écouté par les hommes que par les femmes, qui lui préfèrent Nirvana (oui, je sais, moi aussi ça m’étonne).

Et c’est pas fini : Si je vois une fille qui me plaît, je peux savoir ses goûts. Et donc relire Stupeurs et tremblements avant d’aller lui causer. Et si par malheur je ne l’ai pas, aucun problème : il me suffit de deux clics pour l’acheter sur alapage.com, “notre partenaire”.

Que demande le peuple ?

Qu’on arrête de le réduire à une catégorie marketing, déjà.

[Edit : ce blog n'a pas pour but de faire du benchmarking de sites de rencontre. Je n'ai d'ailleurs pas pour but de passer ma vie dessus, je crois que c'est définitivement pas mon truc. Donc si vous voulez des vrais articles fouillés sur le sujet, je vous suggère datingwatch.com, qui joue un rôle de vigie de ce secteur]

Episode 106 |Par Sam | le 29 jan 2008 @ 2:14 | dans J'ai testé pour vous
commentaires »

Office world

Premium_Office[Pas de post hier comme promis, oui, je sais. Circonstances indépendantes, il est (heureusement) des choses plus importantes que te raconter des trucs ici. Mais je vais me rattraper en t'en mettant plein partout ce soir]

Ah oui, au fait : B.O.

free music

Consultant en ruptures, un métier à inventer. Je vais peut-être déposer les statuts.

Ca va, toi ? Je suis en train de t’écrire le machin sur pointscommuns.com, mais je t’avoue que ça sent un peu  le réchauffé. C’est con, mais la spontanéité, c’est encore ce qui marche le mieux pour écrire du blog. Enfin, pour moi du moins.

[Par contre, écrire cette note en chattant avec mon pote de l'autre bout du monde en lisant mes mails et en refaisant ma playlist deezer, c'est trop spontané, je crois]

[Fin du chat. Excuse-moi. Fin de l'instant liveblogging, aussi].

En fait, je ne suis pas comme Kmille. Les couples qui se séparent, [j'ai beau pas aimer ça, les couples], ben je trouve ça triste quand même. C’est mon côté midinette. Du coup, le dimanche, passé au boulot, puis avec les deux parties en conflit, fut glauque. Même si j’aime bien aider les gens, c’est mon côté boy-scout. Il fut surtout long, à en perdre toute envie d’écrire en rentrant, tard et épuisé. A la place, j’ai sombré dans un sommeil en forme de gouffre de dix heures.

Et puis c’était lundi matin, la radio, l’expresso de bourgeois, Netvibes et la douche. Et une checklist longue comme le bras qui défilait déjà dans ma tête. Trucs à faire, trucs à écrire, trucs à payer, trucs à offrir, trucs à comuniquer, trucs à choisir, trucs à gérer. Trop de trucs.

Et puis c’était lundi matin. Et j’ai enfilé une jolie chemise à rayures blanches, et j’ai chaussé mes godasses classe, pour retourner où j’étais la veille [Mais en vieux pull et en baskets trekking de Grenoblois, parce que merde, c'était dimanche].

Retrouver mon open space au néon, mes écrans, mes collègues [confrères, je sais, mais j'y arrive pas], mes chefs, ma  mission sacrée d’information. Et une autre checklist, tout aussi longue.

Retrouver nos petites luttes quotidiennes de petits cadres moyens, de petits journaleux d’intérieur sous-payés, sous-considérés et sur-stressés. Nos petites joies, nos petites vannes, nos liens débiles diffusés par mail, nos frustrations collectivement alimentées en réunions même pas syndicales devant la machine à café. Nos petites rivalités, nos petites compétitions internes, nos petites détestations discrétement  chuchotées.

Retrouver ma vie de bureau. Un lundi matin de ce putain d’hiver interminable.

Sauf que ce matin, tout cela me paraîssait encore plus con que d’habitude.

Episode 107 |Par Sam | le 29 jan 2008 @ 0:15 | dans Messages à caractère informatif
commentaires »

MP3, Quai de Jemmapes

jemmapes

[La fameuse note sur divertissonsnous.com demain, là j'ai plus la force. Sinon, ami provincial, clique donc sur la carte pour comprendre ce que je raconte. Et pour écouter les chansons en même temps que tu lis, ben tu fais un clic droit si tu es sous Windows et un pomme-clic si tu es sous Mac (si tu es sous Linux, normalement, tu sais faire). Et après tu mets : ouvrir le lien dans un nouvel onglet/une nouvelle fenêtre, suivant ton navigateur.]

Hésitant à prendre un vélib, j’ai finalement choisi la voie du piéton.

C’est ainsi que, parti de Bastille, j’ai remonté le canal Saint-Martin, les yeux dans les reflets des lumières dans l’eau noire,  souriant bêtement de ces retrouvailles même plus bloguées [merci madame], un peu comme j’aurais remonté le fil de ma vie parisienne.

Rue Faubourg du Temple, j’écoutais Pyramid Song en croisant jeunes ados à jeans slim et appareils dentaires, couples enlacés et zonards à canettes. Mon ancien quartier, dans une autre vie, il y a longtemps. Finalement plus triste que celle-ci.

Avenue Richerand, je passais pour un con en chantonnant mes crimes : le châtiment devant des étudiants posés sur un banc , et je n’en avais rien à foutre. Les yeux au ciel, je me rappelais le petit appartement qu’occupait, dans une autre vie, plus adolescente et plus lointaine encore, ma meilleure amie du lycée, dont j’étais évidemment amoureux, sans jamais lui avoir avoué.

Rue Bichat, deux gamins se bécotaient, et une voiture de SOS Médecins avait allumé son gyrophare. J’ai eu le temps de voir le conducteur s’avaler une grande goulée de bière à la bouteille avant qu’il ne disparaisse au loin, vers un patient certainement. Paris, la ville ou même les médecins sont alcooliques. En son honneur, je me suis passé Exit Music (for a film), la chanson la plus glauque du monde.

Les yeux au ciel, les oreilles aussi, j’écoutais Hallelujah, version John Cale, en arrivant rue de la Grange aux Belles, où skataient mollement quelques skateux en plein âge ingrat. On s’était perdus par là, en arrivant avec Elle, le camion bourré raz-la-gueule de meubles ikéa et de cartons, dans une autre vie, plus récente et  finalement moins riche que celle-ci.

Devant la rue de l’hôpital Saint-Louis, une madame fort jolie tenait fiérement un pack de six rouleaux de papier toilette monoprix, saveur pêche je crois. Moi, j’étais passé à Knocked up.

Au niveau des Ecluses Saint-Martin, j’ai ôté mon casque, le temps de filer du feu à un black souriant qui tenait absolument à me faire tirer sur son cigarillo. J’aime pas les cigarillos, même offerts. J’aimais pas la chanson qui tournait à ce moment-là, non plus.

Arrivé rue Louis-Blanc en écoutant The city, the airport, je commençais à avoir faim, et à m’inquiéter des regards un peu trop chaleureux des mamans à poussettes rentrant leur progéniture après un après-midi au parc.

Quai de Valmy, en face, le camp de clodos, devant lequel on passait dans cette autre vie, lors de nos promenades doménicales,  devisant de la misère du monde, a disparu. J’y pensais en me faisant mal au son de What’s a girl to do, définitivement hymne officiel de cette rupture.

J’ai fini par tomber sur le métro aérien de Jaurès. Chez moi.

Dans une autre vie, c’était chez nous. Dans une autre vie, plus conformiste que celle-ci. Plus fermée que celle-ci.

Dans une autre vie, que je ne regrette pas. Que je ne regrette plus.

Episode 108 |Par Sam | le 26 jan 2008 @ 22:51 | dans Journal d'une rupture
commentaires »

Bruit

[Pas d'intro à crochets aujourd'hui.  C'est comme ça. Et pas d'image non plus : je trouve pas la bonne machine de chantier. Si tu as le nom exact, n'hésite pas.]

C’est marrant, l’existence.

Prends le mec qui bourrine un trottoir à grands coups de marteau-piqueur dans une rue voisine de mes fenêtres depuis ce matin huit heures et demie, par exemple.

Il le fait pas par plaisir, comme j’aimerais à le croire, ce qui me donnerait un argument pour lui tabasser la tronche. Il fait son boulot. Consciencieusement, en plus. Alors que c’est pas franchement le plus beau des métiers du monde [Forcément : le plus beau, c'est maman, dit le proverbe, et le plus vieux, c'est le mien].

En essayant vainement de pioncer toute la matinée, j’ai eu le temps de me poser plein de questions sur ce mec.

Qui est-il ? En défonçant l’asphalte avec son gros engin, tu crois qu’il pense au fait que grâce à lui, j’ai dormi cinq heures à peine, gaspillant ainsi le seul jour de repos d’une semaine qui n’est pas finie, ton serviteur étant (encore) de permanence tout le weekend ?

A ton avis, il est conscient du nombre de gens du quartier dans mon cas qui ont, à un moment ou à un autre de la matinée, eu l’envie fugace d’aller lui déboîter la tête avec son machin vibrant pour qu’il s’arrête ?

Vers 10 heures, au moment où j’abandonnais l’idée de grapiller quelques heures de sommeil, j’en ai conclu : Bah non. Il s’en fout. Lui, il marteaupique et c’est marre. Sinon, tu pense, la culpabilité l’empêcherait de dormir. Et avec le métier qu’il fait, c’est vite dangereux d’être fatigué.

C’est bien fait, quand même.

Du coup, je peux même pas lui en vouloir, alors que grâce à son action pneumatique à répétition, je suis un zombie qui vient juste de parvenir à se lever de son canapé où, idéaliste comme tu me connais, je me suis acharné durant environ deux heures à accomplir une sieste,  placebo bien amer à une grasse mat’ prématurément décédée au doux son de sa machine, dieu que cette phrase est longue, il est plus que temps d’y mettre un point.

Tentative qui fut, tu l’avais deviné, totalement infructueuse.

D’où ce billet relativement inepte, mais qui représente pour le moment le fleuron d’une créativité littéraire déjà pas brillante au départ, et encore amoindrie par la perte d’environ 50% de mes facultés intellectuelles, et voilà que je m’embarque encore dans un truc interminable.

En fait, j’avais prévu de te parler de l’autre site de rencontres que j’ai testé pour toi cette semaine, avant de croiser la belle brune d’hier et de devenir la star éphémère de la blogosphère [Versac avait raison : ça ne dure qu'un jour. Tel Cendrillon, me voilà redevenu citrouille. Heureusement que tu es là, toi. Et toi aussi, d'ailleurs. Et puis toi de même. Faut que j'arrête de dire merci tout le temps moi, ça ressemble à chez ma grand-mère, ce bloug].

Bref, ca s’appelle pointscommuns.com, et c’est bien rigolo aussi, dans le genre.

T’as vu comment je te tease, un peu ?

Donc note ce soir. Ou demain. Ou dans cinq ans, quand je sortirais de taule. Ca dépendra à quelle heure le marteau-piqueur arrêtera de marteau-piquer. Et dans quelles conditions. Parce qu’il n’est pas exclu que j’aille lui faire manger de l’asphalte d’ici pas longtemps, au mélomane.

[Edit : le temps d'écrire ce billet et ça y est, il me semble qu'il a fini. Et je crois n'avoir jamais autant apprécié le silence. Du coup j'arrête de frapper sur mon clavier, et j'écoute. Et c'est beau].

Episode 109 |Par Sam | le 25 jan 2008 @ 18:38 | dans Messages à caractère informatif
commentaires »

Paris by night

Par_Pl_1er_08_07_015_2_[Je poste tard, et dans un état d'ébriété assez avancé, mais je poste joyeux. Alors profite, jusqu'ici, c'est rare.]

Enorme soirée.

Pas en volume, en inensité.

A la base, c’était un simple afterwork de jeudi soir entre jeunes actifs paumés, dans un bar plus ou moins branchouille, quai de Valmy pour les connaisseurs. Au final, ce fut une étape.

Déjà, il y avait ça : mon quart d’heure de gloire bloguesque. Passer de 98 visites à 1255, ça vous déstabilise un Sam, même bien entraîné. Et en y ajoutant les retrouvailles avec d’anciennes connaissances bloguiennes du temps d’avant ou c’était le temps, on tombe carrément dans l’intense. Voire le troublant.

Autant te dire que, sortant du boulot, j’avais un peu envie d’immortaliser ce petit instant, carrément geek et carrément futile sur le plan karmique, mais qui me procurait, j’avoue, un sentiment d’exceptionnalité agréablement rafraichissant après quelques mois de mornitude  morne.

Chargé comme j’étais d’émotions diverses, il fallait que je me vide.

D’où ma joie à l’idée de ne pas me taper une soirée seul devant un clavier, pour une fois. Pour tout te dire, j’avais improvisé un genre d’apéro sans prétentions, et surtout l’avant-veille. Ce qui, pour tout parisien qui se respecte, est assimilable à une insulte, puisqu’on insinue sournoisement qu’il pourrait ne rien avoir de prévu à cette date.

Mais ça avait fonctionné, et j’avais quelques volontaires.

Et me voilà à 20h15, quai de Jemmapes, devant l’eau cradingue du canal, au téléphone avec un vieux et grand pote breton, en attendant les autres. Qui sont déjà à l’intérieur, ce dont je m’apercevrais une fois à l’intérieur.

Je les retouve. Et là, je benne. Mon trop plein d’émotions.

Et là, je tombe amoureux. D’une jolie petite brune. Qui s’en va, hélas, très vite. Mais à qui je file mon numéro. Ce qui est déjà un pas énorme, je ne sais pas si tu te rend bien compte. Même si je  me contente de mettre la balle dans son camp, comme on dit chez les journalistes sportifs.

Tant pis. Il me reste de l’énergie. Du coup, je finis la soirée avec classe. A discuter musique, DRM et propriété artistique. En buvant des bières. En déconnant. Et dans la joie.

[Même si j'ai appris que The Tellers était Belge, et que le chanteur était un homme. Moi qui m'imaginait une jeune songwrtieuse newyorkaise sexy, j'étais tout dégoûté.]

Bref, plus d’intensité en quatre heures qu’en six mois.

Episode 110 |Par Sam | le 25 jan 2008 @ 2:35 | dans Journal d'une rupture
commentaires »

Le fugitif

awarhol[Edit suite au commentaire de Versac : c'est pas que je sois pas content, hein. Mais passer de 60 visites à plus de 1.000 en une seule journée, ça fait tout bizarre]

[Pwned, NoobZ, écrivent les geeks pour moquer le débutant qui n'y connaît rien et qui s'est fait eu. Et là, ben j'ai été Pwné]

Il y a des fois, tu taquines tortures la muse jusqu’à des heures avancées de la nuit. Et pour faire plus classe et ajouter un peu couleur (rouge) à tes bavassages décousus, tu rajoute quelques liens, par-ci par-là. Sans penser à mal.

[Sincérement, en plus, même si j'imagine que tu ne vas jamais me croire]

Et puis, sur le coup des trois plombes du mat, tu vas te coucher, pas du sommeil du juste, mais pas loin non plus.

Et puis le matin, ben tu fais comme d’hab, ton petit tour des blogs en sirotant un expresso. De bourgeois.

Et soudain, c’est le drame.

Bon, ben voilà. Autant pour la tranquilité  de l’anonymat, le calme de cette petite maison rouge adossée à la colline où l’on venait à pied, on ne frappait pas… [ceci juste pour te coller la chanson dans la tête, parce qu'il n'y a pas de raison que je sois le seul].

C’est dangereux, le blog. Une note, un lien, et tout peut basculer.

Mes stats ont quintuplé en une matinée, j’ai retrouvé de vieilles amies, il y a même des filles qui mettent des commentaires gentils partout, ma boîte mail explose de demande d’interviews et de propositions de contrats pour des films, sans parler de Robert Hossein qui veut adapter ma rupture en comédie musicale de cinq heures, avec 3.500 figurants répartis sur toute la longueur du périphérique parisien.

Adieu Charles Ingalls, bonjour Tony Montana.

Du coup, il y a deux choix : soit je ferme ici et je vais replanter ailleurs mon moulin à verbiages plus ou moins frais, soit j’assume.

Bon, ben… On va dire que j’assume, alors.

J’ai plus qu’à aller m’acheter une paire de lunettes de soleil. Et à espérer que ma hiérarchie ne passe pas sa vie chez Versac.

Merci, Nicolas….

[Et bienvenue, les gens. Faites comme chez vous. Ici, c'est pas très grand, pas très luxueux, un peu rustique. Mais c'est typique, en revanche. ]

Episode 111 |Par Sam | le 24 jan 2008 @ 13:25 | dans Geek Story
commentaires »

Retour au triste

[ce qu'on peut écrire comme conneries, des fois... En fait, je viens de me relire et je trouve ça pas terrible. Voire carrément nul. D'où : je me rattrape. Ou j'aggrave mon cas, c'est selon.En tous cas, je te la fais courte]

Une plombe et demie du mat’, et toujours devant un écran.

La vie est ailleurs, qu’il disait.

Ouaip, mon con : la mienne, elle est même nulle part. Mais disponible partout. Livrée directement de mon cerveau au monde, via mes doigts sur un clavier.

Vie digitale, vie racontée. Binarisée, condensée en paquets de zéros et de uns qui vibrionnent dans des tuyaux jusqu’à atterrir en pixels sur ton écran, pour coloniser ton nerf optique et atteindre ton cerveau. Et même d’autres endroits plus immatériels de ton être, si j’y parviens du moins.

Geek, je suis. Ergo : je partage. Et me soulage. Et entretiens l’illusion qu’une vie existe bien, ailleurs. Et capture des petits bouts d’instants dans ces posts, qui sont autant de pierres dans mon jardin dévasté.

Et les jours passent, et le manque d’elle se fait manque tout court, à mesure que je réalise à quel point elle n’avait d’exceptionnel que le fait de m’aimer. Et le manque d’elle  devient manque de sens, au carré. Au cube : Manque d’amour. Manque de seske. Manque de présence. Manque de but.

Oui, mais voilà : Couillon de romantique transi, le seske sans amour, je sais pas faire. Abruti de solitaire, la présence, je ne la vois qu’en détourage, lorsqu’elle n’est plus là pour m’emmerder alors que je voudrais juste être tanquille. Quant à l’assurance…  disons que je gère. Disons que je sais user de la timidité comme d’une arme.

Reste un but à trouver. Qui ne soit pas seulement de la remplacer par la prochaine qui m’aura choisi.

Alors, quoi ?

Ecrire ce putain de livre serait un bon début.

Choisir la prochaine plutôt qu’elle me choisisse serait mieux encore.

Episode 112 |Par Sam | le 24 jan 2008 @ 3:25 | dans Journal d'une rupture
commentaires »