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[Chiens écrasés]

TheSamProject,saison 5 /

Geekitude, sentiments et journalisme en mileu urbain

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From the frontline (mon ami le Vélib)

[déjà, pardon pour ce titre débile, j'ai vu ça l'autre jour dans un pub anglais qui retransmettait le match de Rugby Angleterre-France. La chaîne britannique utilisait cette accroche pour ses ralentis, j'ai trouvé ça nul. Donc je m'en ressers. Oh, et puis merde, ici c'est chez moi, je fais ce que je veux. Non mais].

Retour du boulot. En vélib, parce que bon. J’ai filé l’adresse du blog à une copine, pour savoir si j’étais a) Ridicule, b) Pitoyable ou c) Juste très con. Je vous laisse deviner la réponse. Du coup, je me suis dit que je pouvais aussi arrêter 5 minutes mes lamentos, et parler d’autre chose.

De vélib, par exemple. Mon nouvel ami. Une semaine déjà que je fends la bise et la rue Lafayette, bravant le mauvais temps, les taxis, les bus, les piétons, les racailles et mes poumons salement endommagés par la clope pour me donner l’illusion bobo d’une pratique sportive à peu de frais. Et ça marche : je suis tellement devenu invertébré à force de travail sédentaire que 15 mn de vélo deux fois par jour me font l’effet d’un semi-marathon.

Et ben c’est pas mal, en fait.

[NDTSP : Je suis parfaitement conscient que j'écris l'une des centaines de notes de blog consacrés à ce nouveau must du jeune parisien dynamique, et que je ne vais certainement pas sortir des platitudes développées ici et là sur le sujet. Mais tant pis. D'une part, encore une fois, je fais ce que je veux. D'autre part, c'est ça où une nouvelle périssologie (si, ça existe) sur l'autre c... et son départ aussi inopiné que désespérant].

Donc, je vous passe les classiques petits défauts du système, les bornes qui déconnent, les vélib à moitié pétés (ce matin j’en ai eu un sans freins, c’était rock and roll), les emplacements qui sont forcément vides lorsqu’on est à la bourre et autres. Au prix que ça coûte, on peut pas non plus trop se plaindre.

Non, surtout, je suis assez fasciné par la sociologie de ce nouveau mode de transport urbain, qui touche jeunes comme vieux, cadres comme chômeurs… même les touristes s’y mettent. Avant-hier, j’ai passé 20 bonnes minutes à aider une famille complète de Suisses Allemands à retirer 4 vélib avec une seule carte bleue.

Au début, c’était assez drôle. Le premier week-end, tout le monde voulait essayer, on voyait les gens en prendre un, l’air méfiant, faire le tour du quartier et le reposer. Après, ce furent les premiers convertis, qui affichaient la foi et le manque de recul du néophyte pour l’objet. Genre : “ah, mais non, je regrette, c’est génial, comment tu fais pour ne pas avoir encore essayé ?”.

J’ai des collègues de travail qui se cognent la remontée de la rue des Martyrs [pour mes millions de lecteurs provinciaux, c'est une rue fort pentue qui mène jusqu'à la butte Montmartre] en Vélib, alors qu’ils iraient plus vite à pied, mais ce serait moins classe.

Et puis les erreurs de débutant(es). Mesdemoiselles, mesdames, il faut savoir que jean taille basse + haut court + un vélo = string très apparent, ce qui n’est pas désagréable à regarder, mais peut vous attirer des ennuis.

Un mois après, l’enthousiasme est retombé. Le vélib entre dans le paysage urbain, quitte à vexer les cylistes déjà chevronnés, qui vous jettent des regards méprisants du haut de leur bicloune déjà bien usé. Et tout le monde est content, sauf les chauffeurs de bus et de taxis, qui détestent ces nouveaux venus dans la chaîne alimentaire des rues parisiennes. Parfois avec raison, d’ailleurs.

Car il y a deux types de vélibeurs : les comme moi, qui considèrent l’objet comme un véhicule, avec une place sur la chaussée, et s’insèrent donc dans la circulation, quitte à faire ch… les voitures, mais en se taillant une place. En tentant de respecter les sens uniques et en s’arrêtant aux feux rouges, ce qui reste plus prudent.

Et puis il y a les autres, qui semblent toujours hésiter entre leur condition passée de piéton et celle, nouvelle, de cycliste. Et qui forment deux sous-espèces : les complexés, qui hésitent, roulent un coup sur le trottoir, un coup sur la route, qui osent à peine poser une roue hors d’une piste cyclable. Et puis ceux qui se lâchent, qui s’imaginent qu’ils sont devenus les empereurs du béton parisien, et qui roulent n’importe où, n’importe comment, sans concéder plus qu’un coup d’oeil méprisant au malheureux piéton qui a voulu passer sur LEUR passage piéton ou sur ce feu tricolore qui a l’outrecuidance de s’afficher rouge.

J’en croise tous les jours, et je me dis qu’on aura bientôt le premier mort du Vélib. Un martyr, à n’en point douter, tombé au champ d’honneur de la boboïtude moderne, et auquel la ville de Paris élèvera une statue, tandis que Sarkozy réunira tous ses ministres et fera deux conférences de presse, une commission présidée par un type de gauche et une grande loi…

BO : Muse, Sing for absolution

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Episode 147 |Par Sam | le 24 août 2007 @ 23:05 | dans J'ai testé pour vous
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