Tentative de définition du vide
Avoir enfin un blog pour m’y épancher m’ouvre trop de perspectives à la fois. J’ai tellement de choses à vomir que je m’y perds.
Le vide, par exemple. Ce vieux compagnon, que je croyais avoir perdu, et que je retrouve en plein milieu de mon ventre, déjà solidement installé. Ce vide permanent, cette sensation de manque, qui te fait tourner en rond en te demandant ce qui ne va pas, avant de te rappeler. Le réveil, entre autres, est traître. Durant quelques secondes, tu crois que tout est normal. Puis le vide arrive, et avec lui cette douleur en forme de prise de conscience : elle t’a quitté.
S’endormir est dur aussi. Les yeux fermés, tu passes et tu repasses les évènements, et essayant de retrouver l’instant décisif, celui où elle a basculé. Celui où tu l’as perdue. Et tu regrettes, putain, qu’est-ce que tu peux regretter. Cette fois, chez tes parents, où tu aurais pu l’emmener dans les champs voir les étoiles et lui faire une déclaration passionnée. Ces week-ends où tu faisais la bouse, à ne pas vouloir te bouger, alors qu’elle tournait en rond. Ces fois où elle était loin, là-bas, dans son pays, et où tu n’as pas été la voir quand tu le pouvais, par flemme, par besoin de solitude, parce que ça t’arrangeait.
Et tu aditionne tes erreurs. Et tu lui en veux, aussi. De ne pas t’avoir averti, ou pas assez. D’avoir trahi ta confiance, en allant boire un verre avec Mr Connard, 45 piges aux fraises. De s’être laissé retourner le cerveau par un businessman en pleine crise de la quarantaine. Et surtout, surtout, tu lui en veux d’être si perfectionniste que ça en devient ridicule. Tu lui en veux de jouer les Antigone, à estimer que ce moment de doute un soir d’été est suffisant pour lâcher tout ce que vous avez essayé de construire ensemble durant trois ans.
Tu lui en veux de choisir une nouvelle aventure plutôt que vos trois ans d’histoire. Tu lui en veux parce que tu sais qu’elle va se planter. Parce que tu le sens. Parce que tu la connais par coeur. Et que tu ne peux pas l’empêcher de faire cette erreur, dont elle est consciente, mais dans laquelle elle a besoin de se vautrer.
Généralement c’est à ce moment-là, du fond de ce lit qui fut le votre, dans le noir, que tu réalise, une fois de plus, que tu l’aime encore. Et que si elle sonnait à ta porte en te disant qu’elle a fait une connerie et qu’elle t’aime toujours, tu craquerais. Sans hésiter une seconde.
Et là, vient le coup de batte : tu la connais assez pour savoir qu’elle ne reviendra plus.
Après, fatalement, tu dors mal.








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