Les liens qui vont bien (Geek Story I)
B.O.
Histoire de continuer à raconter autre chose que ma déprime
post-rupturale, et aussi que ce blog serve à quelque chose
d’autre que satisfaire mon penchant à la graphomanie glauque,
on va dire que je vais créer une nouvelle catégorie,
qu’on appellera Geek Story, parce que je ne suis pas très
inspiré.
Et là-dedans, je vous mettrai une petite sélection
de liens rigolos. Parce que le web, c’est bien. Même si ça
pique les yeux quand on en abuse. Et que mon métier consiste à y passer une bonne partie de mes journées.
Donc, en cette veille de week-end, et pour inaugurer cette
rubrique je vous propose de faire dans le simple, voire déjà
vu, avec les blogs bd. En fait, je suis relativement fan de BD depuis
tout petit, alors des gens qui bloguent en bulles, c’est que du
bonheur.
[D'ailleurs, que ne sais-je dessiner pour raconter ma rupture, ce
serait surement plus agréable à lire, voire vendable]
Je passe donc des heures à en lire, surtout durant les
heures creuses à ma rédaction (ça aussi, faudra
que je vous raconte, un jour). Et en voici une petite sélection
:
LES CLASSIQUES
Boulet. Un précurseur, et le maître absolu.
Dessinateur et scénariste, auteur notamment de Ragnarok, mais
aussi au dessin sur quelques albums de la série Donjon, que
je ne saurais trop vous recommander, il tient son blog depuis 2004.
Et c’est génial depuis le début. Il a dans les 30.000
visiteurs/jours, et ce n’est pas un hasard.
Kek. Un blogueur chevronné aussi, et surtout une
histoire originale : à la base, il est webdesigner,
spécialisé dans le jeu vidéo flash, un langage
qu’il maîtrise sur le bout des doigts. Mais à force de
collaborer avec le magazine Psikopat, puis de faire des blogs de
dessinateurs de BD, il s’est mis au dessin, et il a fini par publier
un album, Virginie.
Monsieur Le Chien. Quelque peu galvaudé du fait de son
profil atypique, ce fonctionnaire dessine très bien, et son humour bien cynique me fait énormément rire.
Lovely Goretta. Une ancienne également, qui blogue depuis quelques années. Et qui est aussi douée pour le strip BD que pour la peinture.
Martin Vidberg. Un instituteur, des patates, une prolixité
jamais démentie.
Chicou-chicou. Un blog à plusieurs auteurs, dont Aude
Picault et d’autres plus mystérieux, qui fonctionne sur le principe du cadavre exquis - l’un commence une histoire, les autres continuent à tour de rôle. Tout bêtement génial.
Maliki. Un strip très manga, magnifiquement dessiné, par semaine, que demande le peuple ?
LES JEUNES QUI MONTENT
Pénélope Jolicoeur. Là, on est dans
l’ascension fulgurante. Pénélope est illustratrice,
elle a commencé à bloguer en février, et ce fut
un phénomène immédiat. Ce n’est pas vraiment de
la BD, mais c’est très girly et surtout très drôle.
Loïc Sécheresse. Un univers et un dessin très poétiques, un peu dans la veine de Sfar, je trouve, et en même temps très particulier.
Nicolin. Marseillais. Je crois que ça résume
bien le reste. On aime ou on déteste. Moi j’aime.
Aki. Un trait particulier, une ambiance que j’adore.
Surimi Bleu. En passe d’arrêter son blog, et c’est bien dommage, il y avait un vrai talent.
Paka. Là, j’avoue que je suis moins les strips, souvent très private-jokes, que la destinée du jeune, qui met tout de même à jour quotidiennement depuis plus d’un an, et qui visiblement n’en veut.
Bapton. Encore un jeunot (il vient de passer le bac), encore une manière de raconter en dessins qui promet.
Oni. Hypokâgne, ça rend créatif. Et cynique. Et drôle.
Simon. Un destin contrarié : il aurait du faire de la BD
Et en vrac, parce que j’ai toujours beaucoup de mal à faire des sélections critiques sans avoir l’impression de juger un peu facilement, et que je les apprécie tous : Fortu, Cha, Wayne, le Loveblog de Gally et Obion, Mélaka, Anaïs, Jabb, le blog d’une grosse, Double P…
Bref, s’il est un lien à retenir dans tout cela, c’est celui-ci : Blogsbd.fr, un agrégateur qui vous permet, tel le vil Sauron, de les gouverner tous.
Episode 145 |Par Sam | le 25 août 2007 @ 1:38 | dans Geek Story
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Vendredi soir
De l’effet thérapeutique du blog sur le Sam. A peine
quelques posts, et je me sens déjà mieux. Le blog,
c’est mieux que le sexe (non, faut pas déconner) que le prozac
(en même temps j’en ai jamais pris) qu’un psy. Ouais, ça,
pour en avoir un peu tâté, c’est sur.
En même temps, ce redoux moral pourrait n’être que
passager, pour faire dans l’image météorologique. Mais
bon.
On va tenter de continuer sur cette dynamique sarkozienne
positive.
Déjà, dans un souci de vérité
historique (je suis licencié d’histoire, enfin presque. Et je
vous emm…), j’ai rouvert mon bon vieux blog d’avant. C’est là, si vous voulez la génèse de tout ce bordel.
Episode 146 |Par Sam | le 25 août 2007 @ 0:54 | dans Non classé
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From the frontline (mon ami le Vélib)
[déjà, pardon pour ce titre débile, j'ai vu ça l'autre jour dans un pub anglais qui retransmettait le match de Rugby Angleterre-France. La chaîne britannique utilisait cette accroche pour ses ralentis, j'ai trouvé ça nul. Donc je m'en ressers. Oh, et puis merde, ici c'est chez moi, je fais ce que je veux. Non mais].
Retour du boulot. En vélib, parce que bon. J’ai filé l’adresse du blog à une copine, pour savoir si j’étais a) Ridicule, b) Pitoyable ou c) Juste très con. Je vous laisse deviner la réponse. Du coup, je me suis dit que je pouvais aussi arrêter 5 minutes mes lamentos, et parler d’autre chose.
De vélib, par exemple. Mon nouvel ami. Une semaine déjà que je fends la bise et la rue Lafayette, bravant le mauvais temps, les taxis, les bus, les piétons, les racailles et mes poumons salement endommagés par la clope pour me donner l’illusion bobo d’une pratique sportive à peu de frais. Et ça marche : je suis tellement devenu invertébré à force de travail sédentaire que 15 mn de vélo deux fois par jour me font l’effet d’un semi-marathon.
Et ben c’est pas mal, en fait.
[NDTSP : Je suis parfaitement conscient que j'écris l'une des centaines de notes de blog consacrés à ce nouveau must du jeune parisien dynamique, et que je ne vais certainement pas sortir des platitudes développées ici et là sur le sujet. Mais tant pis. D'une part, encore une fois, je fais ce que je veux. D'autre part, c'est ça où une nouvelle périssologie (si, ça existe) sur l'autre c... et son départ aussi inopiné que désespérant].
Donc, je vous passe les classiques petits défauts du système, les bornes qui déconnent, les vélib à moitié pétés (ce matin j’en ai eu un sans freins, c’était rock and roll), les emplacements qui sont forcément vides lorsqu’on est à la bourre et autres. Au prix que ça coûte, on peut pas non plus trop se plaindre.
Non, surtout, je suis assez fasciné par la sociologie de ce nouveau mode de transport urbain, qui touche jeunes comme vieux, cadres comme chômeurs… même les touristes s’y mettent. Avant-hier, j’ai passé 20 bonnes minutes à aider une famille complète de Suisses Allemands à retirer 4 vélib avec une seule carte bleue.
Au début, c’était assez drôle. Le premier week-end, tout le monde voulait essayer, on voyait les gens en prendre un, l’air méfiant, faire le tour du quartier et le reposer. Après, ce furent les premiers convertis, qui affichaient la foi et le manque de recul du néophyte pour l’objet. Genre : “ah, mais non, je regrette, c’est génial, comment tu fais pour ne pas avoir encore essayé ?”.
J’ai des collègues de travail qui se cognent la remontée de la rue des Martyrs [pour mes millions de lecteurs provinciaux, c'est une rue fort pentue qui mène jusqu'à la butte Montmartre] en Vélib, alors qu’ils iraient plus vite à pied, mais ce serait moins classe.
Et puis les erreurs de débutant(es). Mesdemoiselles, mesdames, il faut savoir que jean taille basse + haut court + un vélo = string très apparent, ce qui n’est pas désagréable à regarder, mais peut vous attirer des ennuis.
Un mois après, l’enthousiasme est retombé. Le vélib entre dans le paysage urbain, quitte à vexer les cylistes déjà chevronnés, qui vous jettent des regards méprisants du haut de leur bicloune déjà bien usé. Et tout le monde est content, sauf les chauffeurs de bus et de taxis, qui détestent ces nouveaux venus dans la chaîne alimentaire des rues parisiennes. Parfois avec raison, d’ailleurs.
Car il y a deux types de vélibeurs : les comme moi, qui considèrent l’objet comme un véhicule, avec une place sur la chaussée, et s’insèrent donc dans la circulation, quitte à faire ch… les voitures, mais en se taillant une place. En tentant de respecter les sens uniques et en s’arrêtant aux feux rouges, ce qui reste plus prudent.
Et puis il y a les autres, qui semblent toujours hésiter entre leur condition passée de piéton et celle, nouvelle, de cycliste. Et qui forment deux sous-espèces : les complexés, qui hésitent, roulent un coup sur le trottoir, un coup sur la route, qui osent à peine poser une roue hors d’une piste cyclable. Et puis ceux qui se lâchent, qui s’imaginent qu’ils sont devenus les empereurs du béton parisien, et qui roulent n’importe où, n’importe comment, sans concéder plus qu’un coup d’oeil méprisant au malheureux piéton qui a voulu passer sur LEUR passage piéton ou sur ce feu tricolore qui a l’outrecuidance de s’afficher rouge.
J’en croise tous les jours, et je me dis qu’on aura bientôt le premier mort du Vélib. Un martyr, à n’en point douter, tombé au champ d’honneur de la boboïtude moderne, et auquel la ville de Paris élèvera une statue, tandis que Sarkozy réunira tous ses ministres et fera deux conférences de presse, une commission présidée par un type de gauche et une grande loi…
BO : Muse, Sing for absolution
Episode 147 |Par Sam | le 24 août 2007 @ 23:05 | dans J'ai testé pour vous
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Déliquescence
Le poster au-dessus du lit vient encore
de se casser la gueule. On l’avait acheté ensemble, il va
finir à la poubelle. Comme nous.
L’appart est crade. Au début,
c’était drôle. Là, ça devient un peu trop,
même pour moi. Tu auras au moins réussi ça :
abaisser drastiquement mon seuil de tolérance au bordel. Vive
la Suisse.
J’ai le bide en vrac. Trop de bières,
trop de junk food, trop de café, trop de clopes. Ca, au moins,
ça n’aura pas changé des masses.
J’ai le mode d’emploi de ma sortie de
crise, un peu plus détaillé chaque jour. Coiffeur,
jogging, voyages. Changement de déco. De boulot. Grands
projets. Peine perdue. Trop tôt.
Je suis en vacances vendredi prochain.
On devait partir tous les deux. Je resterai, tout seul. J’irai zoner
à droite et à gauche en France, voir la famille, des
potes lointains. Laisser passer encore du temps, en espérant
que l’intensité de la douleur diminue assez pour me permettre
enfin de passer à autre chose.
J’ai encore décommandé
une soirée chez des potes. Pas le courage de faire semblant de
ne pas être mal. Afficher une tête normale au boulot me
prend déjà trop d’énergie. J’ai promis de me
rattraper ce week-end. On verra.
Je flotte. Je hante. J’existe à
peine. Je fonctionne par automatismes. J’essaye de me rappeler
comment c’était avant toi, mais ça me paraît si
loin, si différent… Et puis ma vie avant toi, je n’en étais
pas forcément super fan.
Je me demande s’il y en aura une autre.
Je suppose que oui. Je l’espère. Mais pour l’instant, je
n’arrive absolument pas à l’imaginer.
Episode 148 |Par Sam | le 24 août 2007 @ 0:06 | dans Journal d'une rupture
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Penser à autre chose
C’est ta préoccupation
constante, ton idéal, ton graal. Tu en attrapes des maux de
tête, à force de penser à autre chose. A tout
plutôt qu’à elle, à tout plutôt qu’à
vous, ce vous qui n’est plus.
Le matin est violent. Tu te réveilles,
et tu as à moitié oubliée. Tu émerges, et
ça te revient peu à peu. L’absence. Le vide. Et
l’appartement est le même, le lit n’a pas bougé, il y a
des affaires à elle un peu partout. Piqûre de rappel
constante.
La journée est variable. Aux
moments d’oubli bienheureux, absorbé dans ton travail,
succèdent les réminiscences, les références,
tout ce qui peut remonter à la surface. Et les bourdes de tes
chers collègues de travail, plus rares maintenant.
La soirée est glauque. Tu
l’occupes en te débrouillant pour ne jamais, jamais, te
retrouver à ne rien faire. Sinon les souvenirs tapis en
embuscade te sautent dessus, et c’est parti pour une heure à
tourner dans ton lit en faisant et en refaisant le scénario de
la rupture, et cherchant cette fameuse option unique, cet
enchaînement miraculeux qui eût fait qu’elle soit restée.
Jeu de con. Tu perds à tout les coups.
Tu as développé tes
recettes antidouleur, tes anesthésiques. Tu t’occupes, tu
écris. Tu bois trop, aussi, évidemment, mais ça
c’est un peu la recette familiale en cas de crise. Tu scotche des
heures et des heures devant des films, des mangas, tout ce qui te
tombe sous la main.
Tu vas désormais au boulot en
vélib, comme un bon bobo. Moins par goût du sport que
parce que ça te vide un peu la tête.
Mais toute cette concentration, tous
ces palliatifs n’y font pas grand’chose.
Reste à espérer que
l’écriture soit plus efficace.
Episode 149 |Par Sam | le 23 août 2007 @ 23:37 | dans Journal d'une rupture
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Echanges
Bon. En fait, écrire glauque, ça
va un moment, je pourrais même dire que ça soulage pas
mal. Mais ça fait pas tout non plus. Au naturel, c’est à
dire quand je ne viens pas de me faire larguer comme une merde, je
suis plutôt quelqu’un de joyeux. Voire drôle, des fois.
Ceci dit, je ne fourmille pas
d’anecdotes tordantes, ces derniers temps. Ou alors si, mais il faut aimer l’humour noir. En même
temps, l’objectif de ce blog étant d’être un dépotoir
à trop pleins de sentiments, pourquoi se priver.
J’ai eu de ses nouvelles aujourd’hui. Elle m’a appelé, alors que j’étais au boulot. Pour des questions d’appartement, de bail, etc. Pour me demander comment j’allais, aussi. Mal, ais-je répondu. Ce qui est l’exacte vérité. Et elle de rétorquer : “je suis désolée de te faire souffir, je ne te méritais vraiment pas”.
Ah bon ? Ben pourquoi tu pars, alors ? Moi, ça m’allait pas mal, pourtant.
A suivi un échange de textos de toute beauté :
- Elle : “Pardonne moi de te faire souffrir, je ne le souhaitais pas… jamais”.
- Moi : “Que veux tu que je te réponde ? Je pensais vraiment avoir trouvé l’amour de ma vie, et as dégommé trois ans d’un claquement de doigts, sans même hésiter. Tu as pensé à toi, c’est tout. Et moi j’ai jamais eu aussi mal de ma vie, ce dont tu devais bien te douter un peu”.
- Elle: “Tu as raison, il n’y a rien à répondre. Excuse moi de t’écrire de telles choses”.
OK. Voilà fait avancer le débat.
Elle vient chercher ses affaires jeudi. Probablement avec son vieux con qui doit fournir la voiture. J’en sais rien, et je m’en fous un peu. Je ne serais pas là, pas la force de supporter encore ça. Le décor qui fout le camp, notre appart qui devient le mien, juste le mien.
Episode 150 |Par Sam | le 23 août 2007 @ 20:06 | dans Journal d'une rupture
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Tentative de définition du vide
Avoir enfin un blog pour m’y épancher m’ouvre trop de perspectives à la fois. J’ai tellement de choses à vomir que je m’y perds.
Le vide, par exemple. Ce vieux compagnon, que je croyais avoir perdu, et que je retrouve en plein milieu de mon ventre, déjà solidement installé. Ce vide permanent, cette sensation de manque, qui te fait tourner en rond en te demandant ce qui ne va pas, avant de te rappeler. Le réveil, entre autres, est traître. Durant quelques secondes, tu crois que tout est normal. Puis le vide arrive, et avec lui cette douleur en forme de prise de conscience : elle t’a quitté.
S’endormir est dur aussi. Les yeux fermés, tu passes et tu repasses les évènements, et essayant de retrouver l’instant décisif, celui où elle a basculé. Celui où tu l’as perdue. Et tu regrettes, putain, qu’est-ce que tu peux regretter. Cette fois, chez tes parents, où tu aurais pu l’emmener dans les champs voir les étoiles et lui faire une déclaration passionnée. Ces week-ends où tu faisais la bouse, à ne pas vouloir te bouger, alors qu’elle tournait en rond. Ces fois où elle était loin, là-bas, dans son pays, et où tu n’as pas été la voir quand tu le pouvais, par flemme, par besoin de solitude, parce que ça t’arrangeait.
Et tu aditionne tes erreurs. Et tu lui en veux, aussi. De ne pas t’avoir averti, ou pas assez. D’avoir trahi ta confiance, en allant boire un verre avec Mr Connard, 45 piges aux fraises. De s’être laissé retourner le cerveau par un businessman en pleine crise de la quarantaine. Et surtout, surtout, tu lui en veux d’être si perfectionniste que ça en devient ridicule. Tu lui en veux de jouer les Antigone, à estimer que ce moment de doute un soir d’été est suffisant pour lâcher tout ce que vous avez essayé de construire ensemble durant trois ans.
Tu lui en veux de choisir une nouvelle aventure plutôt que vos trois ans d’histoire. Tu lui en veux parce que tu sais qu’elle va se planter. Parce que tu le sens. Parce que tu la connais par coeur. Et que tu ne peux pas l’empêcher de faire cette erreur, dont elle est consciente, mais dans laquelle elle a besoin de se vautrer.
Généralement c’est à ce moment-là, du fond de ce lit qui fut le votre, dans le noir, que tu réalise, une fois de plus, que tu l’aime encore. Et que si elle sonnait à ta porte en te disant qu’elle a fait une connerie et qu’elle t’aime toujours, tu craquerais. Sans hésiter une seconde.
Et là, vient le coup de batte : tu la connais assez pour savoir qu’elle ne reviendra plus.
Après, fatalement, tu dors mal.
Episode 151 |Par Sam | le 22 août 2007 @ 2:39 | dans Journal d'une rupture
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Carnet de bord, J+17
Voilà maintenant 17 jours qu’elle est partie. Et j’ai
l’impression de ne le réaliser que maintenant. De là où
je suis, je peux apercevoir du coin de l’oeil son placard à
moitié vide. Elle est passée dans la journée
prendre quelques affaires. Il en reste plein. Il reste cet appart
qu’on a choisi ensemble, qui reste plein de nous. J’aurais peut-être
dû déménager. Mais je vis à Paris. Et me
retrouver dans un studio minable, que je vais payer quelques dizaines
d’euros de moins qu’ici, me déprimerait d’autant plus.
Je reste, donc. Pour ce que j’y fais. J’y dors, surtout. J’y
mange, un peu. J’y bois, trop de bières, mais entre quelques
canettes qui au moins rendent créatif et un antidépresseur
qui abrutit, j’ai fait mon choix depuis longtemps. J’y joue à
des jeux vidéo qui vident la tête mais me gonflent vite.
J’y regarde tout ce qui passe et qui peut m’envoyer ailleurs quelques
instants. La semaine dernière, je me suis avalé une
soixantaine d’épisodes de OnePiece, l’anime tirée du manga d’Eichiro Oda. Cette semaine, je me fais un trip Kaamelott.
Je prends aussi un malin plaisir à fumer dans la chambre,
ce qu’elle n’aimait pas, et à ne pas faire le ménage ou
la vaisselle, ce qu’elle ne supportait pas non plus. On a les
compensations qu’on peut.
La journée, je travaille. Avec des horaires mouvants. Cette
semaine, c’est 14h-22h. Et finalement, notre Überpresident Sarko
a raison au moins sur ce point (enfin surtout Henri Guaino, qui lui a
écrit ses discours de campagne) : le travail structure.
Disons que quand ta vie privée ressemble à du
Dostoïevski sous valium, ton boulot te permet au moins de penser
à autre chose durant un tiers de la journée, ce qui est
déjà ça. Ma dernière rupture, je l’ai
vécu au chômage. Avec rien d’autre à penser que
cette fille qui était partie (oui, je suis un récidiviste.
Et oui, la répétition du phénomène m’ a
déjà posé question, merci).
Mais la dernière en date, je n’avais pas habité un
an avec. Et notre histoire n’avait pas duré trois ans, non
plus.
Pour être absolument honnête, c’est la première
fois que j’expérimente une telle douleur. Une telle absence,
un tel manque. C’est… Disons, surprenant d’intensité.
Episode 152 |Par Sam | le 22 août 2007 @ 1:47 | dans Journal d'une rupture
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Début
Bon, ben voilà. Ce blog ressemble à quelque chose, on va pouvoir commencer.
Je m’appelle Sam. J’ai 27 ans. Je vis à Paris, j’ai un boulot relativement passionnant. Qui consiste principalement à écrire des trucs sur Internet. Ce qui tombe bien, j’aime bien écrire. Durant des années, ça m’a même maintenu en vie.
J’ai eu un blog, jadis. Arrêté, faute de temps, et d’inspiration. J’avais trouvé ce qu’il me fallait, atteint le stade ou l’écriture n’était plus une nécessité. Bref, j’étais tombé amoureux.
C’était il y a trois ans. Bloguer m’avait aidé à la rencontrer, aidé à changer de branche, de ville, de statut. De vie.
Et j’étais heureux.
Mais voilà. En plein milieu de cet été pourri, j’ai pu vérifier l’adage qui veut que l’amour dure, justement, trois ans.
Elle est partie. Pour un vieux beau de 45 piges, plus riche que moi, et en plein dans des questionnements qui, justement, la passionnent.
Comme ça, un peu par lassitude, un peu par fuite. Un peu à cause de moi, surement. Bref, toujours est-il que je me retrouve là, dans ce qui fut notre appart, avec encore la moitié de ses affaires, et un trou béant à la place du coeur.
Et une douleur d’une intensité que je n’imaginais pas.
Du coup, après quinze jours de déprime et l’expérimentation de diverses formes de déchéance, je fais ce que j’ai toujours fait quand j’étais mal. Je l’écris.
Parce qu’il n’y a que ça qui me soulage. Parce que c’est plus constructif que d’enchaîner cuite sur cuite. Et parce que je compte bien survivre à cette petite mort.
Et tant qu’à écrire, autant être lu. D’où ce blog. Qui évoluera, je l’espère, vers d’autres sujets, et vers quelque chose de plus joyeux. Mais qui, pour l’instant, est essentiellement le journal d’une rupture.
Episode 153 |Par Sam | le 22 août 2007 @ 1:33 | dans Journal d'une rupture
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Drop zone, J+7
[Edit janvier 2008 : j'ai exhumé ces (celui-ci et les trois précédents) posts écrits à l'époque sur un projet de blog mort-né. Plus pour l'histoire que pour leur exceptionnelle qualité. Mais comme ça, vous avez le début. ]
Jamais faire de promesses de posts lorsqu’on est en train de se faire larguer.
Nous voici donc à J+7. Et c’est mort et bien mort. Ni les larmes, ni les tentatives de raisonnement n’y auront fait grand chose… Elle part. Pour un autre, par divergences de valeurs spirituelles, pour nulle part, par fuite, aussi un peu.
Le résultat est le même, au final.
Trois ans effacés d’un magistral coup de panique, au coeur d’un été pourri. Et moi qui n’avais rien vu venir. Ni personne, d’ailleurs, pour ce que j’en sais. Elle, si, paraît-il.
Et me voilà dans ce qui fut notre appart, avec encore toutes ses affaires et un trou béant à la place du coeur. Une rupture, ça fait toujours mal. Surtout lorsqu’on est le largué de l’affaire, ce qui est en général mon cas.
Mais se faire larguer à sa propre surprise et celle de tout son entourage, après trois ans, dont un à habiter ensemble, ce qui semblait plutôt bien se passer compte tenu d’impondérables professionnels plutôt lourds d’un côté comme de l’autre, j’avais jamais testé.
Et je le conseille à personne.
Comment s’appelle ce film avec Jack Black et John Cusack, déjà ? High Fidelity. Il faudrait que je le revoie, il me semble que c’est un peu la même histoire.
Sauf que je ne tiens pas de magasin de musique.
Ce qui me fais penser que je n’ai pas fait de page de présentation, et accessoirement que ce layout est à chier.
Et qu’une bonne session bidouille me fera plus de bien qu’un post de lamento.
Donc c’est parti.